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1er juin 2017 : Avant-garde et réalité sociale à la Biennale de Venise de 1976 : une lutte pour la signification de l’art moderne dans l’Espagne du franquisme (Paula Barreiro-Lopez, univ. de Barcelone)

by Béatrice Joyeux-Prunel

Paula Barreiro-Lopez, est spécialiste des modernités artistiques en Espagne et en Amérique latine depuis les années 1940. Auteure de deux livres sur l’abstraction et l’avant-garde espagnole sous le franquisme (La abstracción geométrica en España (1957-1969), Madrid, CSIC, 2009, et Arte normativo español. Procesos y principios para la creación de un movimiento, Madrid, CSIC, 2006), elle a également étudié les milieux de la critique d’art - très actifs lors des grandes expositions internationales comme les Biennales (à apparaître en 2016 : Avant-garde Art and Criticism in Francoist Spain, Liverpool University Press). Elle coordonne à l’univ. de Barcelone un programme d’histoire transatlantique de l’art entre Espagne et Amérique latine (publication en 2015 : Paula Barreiro López et Fabiola Martínez (eds), Modernidad y Vanguardia. Rutas de intercambio entre España y Latinoamérica, Madrid, Museo Reina Sofía ; voir http://modernidadesdescentralizadas.com/en/ ). Paula Barreiro-Lopez interviendra à l’ENS dans le cadre de son invitation par le LabEx TranferS, dans le cadre du projet Artl@s sur les Biennales.

 

En 1976, presque un an après la mort du dictateur Francisco Franco (le 20 novembre 1975), eut lieu la première évaluation générale de la période artistique des années franquistes avec l’exposition rétrospective España: Vanguardia artística y realidad social: 1936–1976 (Espagne : Avant-garde artistique et réalité sociale : 1936-1976), qui se tint à la Biennale de Venise. La 37e Biennale avait non seulement restructuré ses activités, afin d’y inclure le cinéma, l’architecture et d’autres formes d’art dans son programme ; elle s’était aussi mise à suivre une voie nouvelle, par rapport à son organisation pré-1968, avec des expositions thématiques aux positionnements politiques et idéologiques[1]. La contribution espagnole fut organisée sans la participation des autorités franquistes, afin de montrer l’avant-garde espagnole sans l’intervention du régime. La mise en place d’une participation espagnole indépendante avait déjà commencé en 1974 lorsque Franco était encore vivito y coleando[2] (bien vivant). Cette année-là, les organisateurs avaient dédié la 36e Biennale à la contestation du putsch militaire de Pinochet au Chili. Ainsi España: Vanguardia artística y realidad social: 1936–1976, deux ans plus tard, était clairement une prolongation des visées de la biennale, transformant l’exposition en évènement anti-fasciste[3].
 Cette séance vise à analyser avec détail cette exposition dans le cadre générale de la nouvelle Biennale, en montrant le rôle de l’exposition pour la création d’un discours contra-hégémonique au modèle esthétique soutenu par le régime. Ainsi, elle abordera les échanges entre la dissidence et la dictature dans le conflit autour de la définition du sens de l’art moderne. Mon but est de révéler les processus continuels de négociation que provoqua l’État dictatorial, ainsi que les luttes médiatisantes, conceptuelles et politiques autour de l’interprétation de l’art moderne qui se poursuivirent jusqu’après la mort du dictateur.


[1]: Voir Vittoria Martini, « The evolution of an exhibition model. Venice Biennale as an entity in time », Federica Martini et Vittoria Martini, Just Another Exhibition: Histories and Politics of Biennials, Milan, Postmediabooks, 2011, pp. 119–38.
[2] : « Vivito y coleando » ; Eduardo Arroyo, Sardinas en aceite, Madrid, Mondadori, 1989 p. 128.

[3] Rosalía Torrent, España en la Bienal de Venecia, Castellón, Diputación de Castellón, 1997, p. 79. 

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