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7 janvier 2016 : Excursus latino-américain : Ana Paula Cavalcanti Simioni (Pr. invitée, univ. de Sao Paulo)

par Béatrice Joyeux-Prunel

Ana Paula Simioni enseigne la sociologie de l’art et des femmes artistes au Brésil aux 19e-20e siècles. Elle est est partenaire du projet ARTL@S, d’histoire transnationale des arts, dans la perspective d’un élargissement de la base mondiale de catalogues d’expositions au Brésil de la période 1810-1950, et d’une étude collective des frontières qui empêchent les circulations artistiques depuis le 19e siècle, et de leur évolution. La présence de Mme Simioni à l’ENS s’inscrit également dans un projet pédagogique. Ses enseignements doivent contribuer à élargir les horizons géographiques et culturels des élèves et étudiants, quel que soit leur degré de spécialité. Ils s’intègrent dans l’orientation transnationale des enseignements d’histoire et d’histoire de l’art à l’ENS.

 

Les diasporas du moderne : les femmes artistes brésiliennes à Paris, dans les années 1920

 
 
Dans l´histoire de l´histoire de l´art brésilien, le passage de peintres et de sculpteurs “natifs” par les centres artistiques étrangers, spécialement à Paris dans les années 1920, occupe un espace privilégié. Ces moments-là sont communément désignés comme ceux qui ont rendu possibles les transformations de l´art brésilien en direction du “moderne”. Notre présentation invite à revoir ce discours historiographique à partir de deux cas paradigmatiques, Tarsila do Amaral et Anita Malfatti, les deux femmes artistes modernistes plus consacrées au Brésil, qui suivirent à Paris des trajectoires absolument distinctes, Premièrement, ce discours est téléologique : il tend à déterminer des moments de rupture, lesquels fonctionnent comme des marques initiales de mouvements supposés inaugurer une histoire qui s´édifie au moyen d´un sens progressif et univoque.
 
Dans ce discours stabilisateur, les œuvres, les artistes, les écoles et les mouvements qui n´affichent pas l´originalité qui les démarqueraient des pratiques vues comme emblématiques de ces parcours évolutifs imaginés, tendent à être ignorés et rejetés. Toutes les expériences distinctes du “temps des modernes” sont ainsi considérées comme “hors du temps”. La présentation à l´intention d´identifier, brièvement, les multiples possibilités d´enseignement et de pratiques artistiques disponibles à Paris dans les années 1920, que l´on rencontre dans l´hétérogénéité des trajectoires des brésiliens qui s´y trouvaient à cette époque. En un dernier point, on s’intéressera à la relation entre le centre et la périphérie qui traverse de tels discours :les élèves étrangers sont considérés comme des disciples “influencés” par leur maître donc esthétiquement “moins créatifs”, historiquement en retard, voire hiérarchiquement inférieurs. Pourtant, des études récentes démontrent combien les dites “périphéries” ont été fondamentales pour la propre dynamique qui généraient les disputes entre les avant-gardes de la capitale artistique de l´époque – Paris Les schémas analytiques encore dominants sur l’histoire de l’art au Brésil doivent être repensés. 
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