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18 février 2016 : Meryem Moulay : Pour une lecture des arts visuels contemporains du Moyen-Orient au prisme des études décoloniales

par Béatrice Joyeux-Prunel

Ecole normale supérieure, 45 rue d’Ulm, Paris, escalier D, 3e étage, Salle de l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine, de 13h30 à 15h30. 

Les penseurs décoloniaux revendiquent la recherche des fondements d’une théorie critique de la société au niveau des écrits d’auteurs subalternes ; Nawal El Saadawi, Laila Ahmed, Jalal Toufic, Mohammed Abed Al Jabiri, ou encore Mohammed Mahfoudh, ont justement contribué de façon significative à la production d’une pensée critique questionnant le statut de la femme, ainsi que les interactions entre altérité, identité, mémoire et modernité. Néanmoins, les références à leurs travaux sont quasi inexistantes dans les relectures postcoloniales mises en place dans les sciences sociales et les humanités.

Si les notions de décentrement, de mondialisation, de nouvelles cartographies et d’intégration des périphéries, se retrouvent à profusion dans de nombreux discours produits sur l’art actuel, il n’en demeure pas moins vrai que la réception des travaux d’artistes issus de l’ethnoscape arabo-musulman, est sujette à des analyses réductrices et superficielles, qui ne cherchent pas à atteindre le soubassement théorique et philosophique qui à la fois sous-tend ces démarches, et permet de replacer la création artistique dans le champ du politique, du social et des enjeux contemporains. 

Le propos de cette intervention est de montrer que les études décoloniales constituent un cadre théorique pertinent et enrichissant pour aborder l’écriture actuelle d’une histoire de l’art décloisonnée, dans une continuité avec les apports des études postcoloniales dont les outils théoriques ont été incorporés de façon effective par des curateurs, des professeurs et chercheurs en histoire de l’art contemporain.

 Bibliographie indicative : 

- Al Jabri, Mohammed Abed,, Al-Masʾalaẗ al-ṯaqāfiyyaẗBayrūt, Markaz Dirāsāt al-Waḥdaẗ al-ʿArabiyyaẗ, 1994. 
- Abd-al-Latīf al-Laʿbī (dir.), Anfās (1966-1974), Rabat.
- Oumlil, Ali, Fī al-turāṯ wa-al-taǧāwuz, Al-Dār al-bayḍāʾ, Al-Dār al-bayḍāʾ, al-Markaz al-ṯaqāfī al-ʿarabī, 1990. 
 
Après des études en Architecture et en Urbanisme (École d’Architecture d’Alger), puis un Master en Histoire et Critique des Arts (Université Rennes 2), Meryem Moulay travaille à présent sur une thèse en Anthropologie à l’EHESS, à Paris. Ses recherches s’intéressent aux démarches artistiques qui apportent un regard critique sur les épaisseurs politiques et économiques constitutives des espaces architecturaux et urbains ; ainsi qu’à la lecture des arts visuels contemporains du Moyen-Orient, au prisme des études décoloniales. 

Publications : 

- « La physique quantique d’une génération : être ici et ailleurs », Journal de l’exposition Alger en vies (12/14 – 04/15) à la manne, fondation pour l’architecture de l’agence Nicolas Michelin (Paris). 

- « La charge contestataire du photomontage et du Street Art : étude de cas », publication en ligne suite à la journée d’étude « L’image contestataire. Les pouvoirs à l’épreuve de la culture visuelle, XIXe–XXIe siècles », 13 mai 2015, Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. 

 
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