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5 mars 2015 : Aline Pighin - Réévaluer l’urbain ? Jalons pour une cartographie des lieux de la création artistique dans les Congos coloniaux d’après-guerre

par Olivier Marcel

Aline Pighin est doctorante en Histoire et en Histoire de l’art à l’Université Paris 7 (CESSMA) / Chargée d’études et de recherche à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) pour le programme Arts dans la mondialisation / prépare une thèse sous la direction d’Odile Goerg intitulée Au fil du fleuve Congo. Fabrique d’une esthétique, circulations artistiques et (ré)inventions des patrimoines en Afrique centrale, 1940-1970.
 
Aline Pighin - Réévaluer l’urbain ? Jalons pour une cartographie des lieux de la création artistique dans les Congos coloniaux d’après-guerre

 

L’historiographie de la création artistique moderne puis contemporaine dans le bassin congolais en limite la genèse, en situation coloniale, au rayonnement de trois principaux noyaux artistiques, que sont l’atelier de Pierre Romain-Desfossés, installé à Elisabethville en 1947 et intégré à l’Académie des Beaux-Arts et Métiers d’Art de Laurent Moonens en 1951, le Centre d’Art Africain ouvert la même année par Pierre Lods à Brazzaville et actuelle école de Poto-Poto, et l’école Saint-Luc, installée à Gombe-Matadi en 1949 par le Frère Marc Stanislas et devenue Académie des Beaux-Arts de Léopoldville en 1957.

Si les styles de ces centres urbains ont fait écoles, cette focalisation tripode est problématique en ce qu’elle applique une subalternité – voire un oubli – à de nombreux autres lieux de la création artistique qui ne sont pourtant pas de simples satellites périurbains, mais constituent le maillage d’un réseau de circulations d’hommes, d’œuvres et d’idées, à ce moment précis de l’entrée dans la décennie 40 que caractérise une effervescence artistique nouvelle. Installant un cloisonnement parfois artificiel entre Congolais et Européens, elle pose également des questions de géographie et de temporalité, en sous-tendant l’idée qu’une création artistique qui en mérite le label n’existerait ni ailleurs, ni avant l’extrême fin des années 1940, et n’aurait d’ailleurs que la peinture de chevalet pour médium.

La lecture des archives et des revues d’époque révèle pourtant bien l’existence dans le bassin congolais de groupes d’artistes congolais autodidactes labellisés en école, d’ateliers privés d’artistes européens, d’artisanat traditionnel mobilisé au goût occidental et touristique, de lieux de mission, ou encore d’ateliers sociaux d’art indigène. Ces étiquettes omnivores appellent à une modélisation neuve de l’espace artistique partagé par les deux Congos sur la période 1940-1960, afin d’y replacer tant une typologie des lieux de la création que les circulations y engendrées, en vue d’interroger les stratégies disponibles pour des artistes dont le statut est en définition.
 
 
 
13h30, Salle de l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine (Escalier D, 3e étage, au fond à gauche) École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm

 

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