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16 oct. 2014 : Olivier Marcel - Jusqu’où retracer l’art ? Perspectives depuis Nairobi et les métropoles africaines

par Olivier Marcel

 

Lors de ce séminaire, je reprendrai dans un premier temps quelques enseignements de ma recherche doctorale en géographie de l’art menée à Nairobi. Cette thèse consiste en une géographie des lieux et des circulations de l’émergence artistique dans une métropole du Sud. Elle se situe au croisement entre une géographie urbaine, soucieuse des agencements socio-spatiaux à l’intérieur desquels s’organise l’existence « ordinaire » d’une activité en train de se faire, et une géographie de l’art qui place les trajectoires spatiales des faits artistiques au cœur de l’analyse. Capitale postcoloniale, métropole est-africaine et périphérie d’une « économie mondiale d’archipel », Nairobi est un terrain de la rencontre entre métropolisation et globalisation. Dans le sillon des théories géographiques de la mondialisation, cette recherche documente et cartographie les reconfigurations de l’espace artistique qui résultent de ces dynamiques. L’originalité est de rassembler l’ensemble des scènes et des productions artistiques d’une ville sur le dénominateur commun de la dimension spatiale de leurs circulations. Le matériau étudié (discours et curriculum vitae d’artistes, activités et archives de centres d’art) permet de confronter des circulations effectives à des horizons d’accomplissement différenciés, dont la trame est faite d’une ruralité encore prégnante et la connectivité d’une métropole mondialisée.

Dans un deuxième temps, ce séminaire sera l’occasion de mettre en perspective les hypothèses de départ mon projet de recherche postdoctoral. Celui-ci propose de mettre en œuvre une représentation systématique des circulations artistiques transnationales à partir des métropoles africaines, depuis les premiers mouvements indépendantistes jusqu’à la mondialisation actuelle. L’activité artistique en Afrique (biennales, festivals, galeries, centres d’art, programmes de mobilité) tend à affirmer le rôle décisif de grands centres métropolitains comme Johannesburg, Dakar ou Le Caire. Les ressorts socio-spatiaux de ces circulations restent encore mal connus : quelles sont les hiérarchies, les flux et les réseaux qui parcourent ces métropoles ? Quelles places occupent-elles dans la géographie mondiale de l’art ? Il s’agit donc de collecter et d’intégrer des données géo-référencée sur les circulations artistiques transnationales. Ce projet pourrait aboutir sur une géographie de l’art inédite tout en ouvrant une réflexion sur la prise en compte des « périphéries » dans un atlas mondial de l’art à l’ère de la globalisation.

A travers ces deux temps, il s’agit d’engager une réflexion collective d’une part sur l’articulation entre mesure et modélisation, et d’autre part sur les contours, les limites et la finalité de la traçabilité de l’art.

Marcel Olivier, 2014, Des horizons à la trace. Géographie des mobilités de l’art à Nairobi, thèse de doctorat sous la direction de B. Calas, LAM / Université Bordeaux Montaigne, 370 p.

 

 

 
13h30, Salle de l’Institut d’Histoire moderne et contemporaine (Escalier D, 3e étage, au fond à gauche) École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm 

 

 

 

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